Page:Andler - Nietzsche, sa vie et sa pensée, III.djvu/177

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Le platonisme de Nietzsche a été d’abord profond, superstitieux et pythagorique. Il a cru alors que la grandeur, dans l’ordre de l’intelligence, de la moralité, de l’art, appartient aux esprits qui plongent dans des profondeurs immatérielles, inaccessibles au vulgaire. Puis, se dégageant de cette emphase religieuse, il est resté socratique et héraclitéen. Il s’est demandé sur quelles qualités de passion sensible et d’énergie, il fallait greffer des qualités rationnelles, afin que la force instinctive s’épanouit dans l’intelligence qui confère seule la grandeur. Il faut dire comment Nietzsche parcourt ce chemin, et décrire ce premier platonisme de Nietzsche dans cette cohésion serrée qu’il eut dans sa pensée. Car ses œuvres, dans leur jaillissement diffus, n’en donnent pas une impression suffisante.