Page:Andler - Nietzsche, sa vie et sa pensée, III.djvu/314

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pour recréer une solidarité des esprits, qui retrouvera et prolongera par la vision du modèle hellénique, la tradition d’une vie artiste.


II. — La réorganisation.


1. La hiérarchie des écoles. — Il ne reste, pour décrire la réorganisation nietzschéenne des écoles, que les fragments d’un projet trop ancien pour qu’il puisse contenir la pensée de Nietzsche en 1874 ou en 1876. Dès 1872, il hésite à la formuler. Les linéaments généraux du plan qu’on distingue sont les suivants :

La présente organisation des trois enseignements, Nietzsche la détruit. Il ne veut plus d’enseignement primaire. L’instruction sera égale pour tous, jusqu’à la quinzième année. Il n’y a pas de conception pire que celle de l’instituteur, c’est-à-dire de l’homme obligé de savoir un peu de toute chose, et empêché d’en faire comprendre aucune. L’instruction des enfants est le devoir et la prérogative des parents, notamment des hommes d’âge. Elle est assumée par les communes. Elle suppose une vivante solidarité. Elle assied fortement le sens de la tradition.

À cet enseignement tout pratique, succède la formation dans des écoles privées. La culture générale d’aujourd’hui, vaine culture de journalistes, n’est qu’une arme dans le combat provisoire contre l’oppression religieuse.. Il nous faut un bain profond de réalité, une culture condensée et étroite. L’école réelle d’abord pour tous ; des écoles techniques plus hautes pour les chefs d’atelier. À chacun il s’agit de fournir une préparation stricte à sa profession, elle-même spéciale. Cette division du travail, qu’il avait tant critiquée chez les savants, Nietzsche l’exige à présent comme l’instrument d’une meilleure