Page:Andry - Traité des aliments de carême, 1713, tome I.djvu/464

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ainsi dans la mer, jusqu’à leur entiere perfection ; qu’il en a vû plusieurs, & qu’il a parlé à gens dignes de foi, qui lui ont dit en avoir vû aussi, qui étoient encore suspenduës à ces morceaux de bois. Harum multas et ipsi vidimus, virosque fide dignos, qui eas adhuc in ligno pendentes se vidisse testati sunt : paroles qui montrent évidemment que cet Auteur n’examinoit pas les choses avec beaucoup de soin. Ainsi, il y a lieu de conjecturer que la Décision du Pape Innocent III. lui aura été rapportée par quelques-unes de ces personnes dignes de foi ; & que là-dessus il aura crû le fait, sans autre information. Le celébre Wormius[1], sur la parole d’un homme, qu’il croit digne de foi aussi, avance qu’on a décidé en Sorbonne que la Macreuse étoit poisson ; & cependant il n’y a jamais eu là-dessus de Décision de Sorbonne. Vincent de Beauvais pourroit bien, tout de même, dans ce qui concerne la Décision du Pape Innocent III. s’en être un peu trop fié au témoignage d’autrui.

Quand au second point, c’est une erreur de croire que la prétenduë Décision dont il s’agit, regarde les Macreuses : Vincent de Beauvais, dans l’en-

  1. Voïez Graindorge, de l’origine des Macreuses, pag. 89.