Page:Annales de la société académique de Nantes et de Loire-inférieure - Série 9, vol.3, 1912.djvu/148

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missaires locaux du canton de Bouaye, de tous les maires de la contrée. De plus, à son histoire viennent témoigner des centaines de citoyens, et elle a pour cadre l’époque la plus troublée des temps modernes !

Bien mieux, sa renommée fut telle que les acteurs et les auteurs de l’époque en parlant de Beilvert lui assignent un rang qu’il n’eut jamais. Lucas de la Championnière écrit, page 157 de ses mémoires :

« La Cathelinière avait une faible garnison à Port Saint-Père et fut attaqué par les républicains… Un piqueur, nommé la Rose, traversa la rivière à la nage et enleva le cheval, le drapeau et le manteau “de Beillevert” ».

Et plus loin :

« Nous ne pûmes empêcher Beillevert et Muscar de brû1er tous les moulins jusqu’à Sainte-Pazanne. »

Beilvert, qui ne fut jamais que maréchal des logis, est nommé d’abord ; Muscar, qui commandait à Aux comme adjudant général, ensuite[1].

Même confusion chez Verger[2] :

« Dans sa défense, Carrier accusa Beillevaire et Muscar d’avoir tué 850 chouans à Aux. »

En rassemblant toutes les pièces qui le concernent, nous allons nous trouver en présence d’un malfaiteur d’une espèce rare ; effroi pour le temps où il vécut, curiosité pour la postérité ; ayant un panache et du courage militaire certain, mais en même temps policier, brigand, détrousseur ; opérant sous le drapeau républicain, mais soldat sans vergogne, qui eût aussi bien servi sous une autre bannière. Malfaiteur rappelant par un côté Fra Dia-

  1. Son nom a été écrit Beilvert, Beillevert, Belvert, Beillevaire, etc.
  2. Archives curieuses de la Loire-Inférieure (Bibliothèque de Nantes).