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ANNALES DU MUSÉE GUIMET

— Citoyens, il faut les faire comme celles d’un roi Tchakravartin (universel).

— Vénérable Ânanda, comment se font ces funérailles ?

— Citoyens, le corps d’un monarque universel est enveloppé d’abord dans du coton et du bois de cotonnier (mis en lames), et ensuite il est roulé dans cinq cents pièces de toile de coton, puis placé dans un cercueil de fer rempli d’huile végétale, recouvert en dessus d’un double couvercle de fer ; alors on amasse toutes sortes de bois odoriférants, il est brûlé avec eux, et le feu est éteint avec du lait ; et enfin, ses os étant mis dans une urne d’or et un Tchâitya étant construit pour ces ossements, à un endroit où se rencontrent quatre routes, on plante un parasol, des bannières et de longues banderoles d’étoffe, on leur rend des hommages et des respects, avec des parfums, des guirlandes, des poudres parfumées et des concerts de musique, après quoi on célèbre une grande fête. Citoyens, telles sont les cérémonies qu’on fait aux funérailles d’un monarque universel. Pour le Tathâgata Arhat, Bouddha vraiment accompli, vous devez faire plus encore.

— Vénérable Ânanda, nous ferons ce que vous nous avez commandé ; mais il n’est pas facile de se procurer promptement toutes les choses requises. Dans sept jours tout sera prêt, et nous exécuterons les sacrifices funèbres avec des substances odorantes, des guirlandes, de l’encens, des poudres parfumées, et, au milieu des concerts de musique nous rendrons toutes sortes d’honneurs à Bhagavat qui sommeille sur son trône de lion.

Faites comme il est convenu, dit Ânanda.

Ils s’en allèrent donc, et pendant sept jours préparèrent tout ce qui était nécessaire. Et le septième jour, ayant de plus préparé une bière dorée, et apporté avec eux toutes les substances, les guirlandes et les instruments de musique trouvés dans l’espace de douze milles, depuis Kouça jusqu’à la rivière Yigdan, depuis le bosquet des deux Sâlas jusqu’au Tchâitya dont le sommet est orné, ils sortirent de la ville et s’avançant vers le bosquet des deux Salas, rendirent hommage à celui qui sommeillait sur son trône de lion, avec toutes sortes de substances odorantes, de guirlandes, etc. (comme plus haut).

Alors, les principaux Mallas de Kouça parlèrent ainsi à ceux qui se rassemblaient de toutes parts :