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LE DHARMASINDHU

Vishti[1], dans les jours rejetables[2] et à la dernière Tithi de la moitié obscure du midi. De mèiiie aussi aucuu vœu sacrificatoire ne peut être commencé ou fini pendant une Tillii défectueuse selon le principe de Satyavrata[3] « la Tithi qui renferme un lever du soleil mais qui ne s’étend pas jusqu’à midi est une Tithi défectueuse et à cette date aucun vœu sacrificatoirc no doit être commencé ni fini ». La patience, la vérité, la compassion, les dons, la pureté, le réfrénement des sens, le culte des dieux, les offrandes, le plaisir, l’abstention du vol sont obligatoires pendant la durée des vœux sacrificatoires[4].

Il faut savoir que le caractère particulier des vœux sacrificatoires volon-

    versa, leur augure, bon ou mauvais, étant, du reste, impliqué dans leur sens étymologique. Naturellement elles sont complètement astrologiques se joignent aux Tithis dans un ordre régulier et leur prêtent leur caractère propre de sainteté ou de mauvais augure. Pour trouver celle de ces conjonctions astrologiques qui doit s’appliquer à chaque Tithi, le Jyotishasāra donne la règle que voici : « Observer l’astérisme (voir note 25) du soleil pour cette Tithi et compter le nombre des astérismes qui se trouvent entre cet astérisme et l’astérisme précédent de Pushya, tous deux étant inclus ; observer encore l’astérisme de la lune pour cette Tithi, compter le nombre des astérismes qui se trouvent entre celui-ci et le précédent astérisme de Shravana, additionner les deux nombres, soustraire de cette somme 27 (le nombre des conjonctions astrologiques), et le reste donnera le numéro, dans l’ordre voulu, du yoga de cette Tithi. » Le Grahalāgava donne une règle plus compliquée pour trouver le yoga, ou conjonction astrologique, d’une Tithi, mais ce que nous en avons dit suffit pour démontrer que c’est une pure invention sans fondement et il est inutile de pousser plus loin cette description.

  1. C’est la septième des demi-Tithis astrologiques qui portent le nom de Karanas et qui sont au nombre de onze, savoir : Bava, Bâlava, Kaulava, Taitila, Garaja, Vanija, Vishti (qu’on appelle aussi Bhadra et Kalgâni), Shakuni, Chalubhpail, Naga et Kinistu^hiia. Chacune des trente Tithis du mois est divisée en deux parties, faisant ainsi soixante demi-Tithis, à chacune desquelles s’applique un Karana ; mais comme il n’y a que onze Karanas, on répète huit fois les sept premiers, de B iva à Vishii, qui couvrent ainsi cinquante-six demi-Tithis et pour cette raison sont appellés Karanas constants ; les quatre dernières des soixante demi-Tithis sont couvertes par les quatre derniers Karanas.
  2. Surtout le Jeudi et le Samedi.
  3. L’auteur du Dharmashāstra.
  4. Un pareil précepte, qui restreint les actions vertueuses dans certaines limites, peut paraître étrange à un esprit occidental, mais pas à un Indou orthodoxe, car dans ces deux versets (édition de Bombay du Jyotishasāra, Shaka. 1798, à l’imprimerie Jṅānārpana, p. 11, l. 13-14, pour les deux premiers vers, et p. 12, l. 8-9, pour les deux derniers) :

    BhedânritasteyavisehâgnishastravadhyâbhighCitaharasliâhjadambhln,
    SenaniveshdkaradhatuhemapravCdaraktimi kuje vidadhyât.
    Lohâshmaslsatrapu^hastrad isapûpanritasteyin’ischâsaviidyam,
    G>'iliapraveshadvipabandhadî/ishûsthiraiicuharmrirkasji !é’Uni kuryât.

    Le Jyotishasara enseigne que les Jeudis et les Samedis, il est permis de tricher, de provoquer, de trahir, de voler, de mentir, d’empoisonner, d’assassiner, de détruire, de paillarder et de commettre d’autres crimes horribles, quoique probablement il ne veuille pas dire qu’on doit ou même que tout le monde peut perpétrer ces crimes mais que ceux qui se trouvent dans une certaine mesure sous l’influence du mal, la troisième des trois qualités naturelles qui entrent dans la composition de l’univers, étant entraînés par leur nature propre à commettre ces crimes, peuvent le faire impunément les Jeudis et les Samedis, jours qui deviennent ainsi une soupape de sûreté pour la propension exagérée vers le mal de l’influence duquel aucun habitant de cet univers, fut-ce même Brahm en tint qu’un quart de son être a été développé dans cet univers, ne peut se défendre, pas pins que de l’influence des deux qualités du Bien et de l’Indifférence.