Page:Annales du Musée Guimet, Bibliothèque d’études, tome 22-23.djvu/26

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Est-ce à dire qu’il se soit borné à faire sien l’enseignement de Pârśva ? Non, car les deux écoles, si semblables entre elles sous de nombreux rapports, présentaient cependant quelques différences capitales. Nous rappellerons à ce sujet le chapitre XXIII de l' Uttarâdhyaynna sûtra, si curieux et si instructif.

Un jour Keśin, disciple de Pârśva, et Gautama, de son autre nom Sudharman, disciple de Mahâvîra, se rencontrent dans un parc près de Śrâvastî. Leurs fidèles se demandent, chacun de leur côté : « Notre Loi est-elle la vraie Loi, ou bien l’autre Loi est-elle la vraie Loi ? Notre conduite et nos doctrines sont-elles droites, ou bien la conduite et les doctrines des autres ? » (§ 11)

Devinant les doutes qui inquiètent leurs adeptes, Keśin et Gautama se proposent d’y mettre fin par une explication loyale et franche. Ils s’approchent l’un de l’autre et Keśin interroge Gautama en ces termes :

« La Loi enseignée par le grand sage Pârśva reconnaît quatre vœux seulement, tandis que celle de Vardhamâna en prescrit cinq. (§ 23)

« La Loi enseignée par Vardhamâna interdit les vêtements, tandis que celle du grand sage Pârśva permet un vêtement de dessous et un vêtement de dessus. (§ 29)

« Les deux Lois se proposant le même but, d’où provient cette différence ? » (§§ 24 et 30)

La réponse de Gautama manque peut-être un peu de clarté, mais elle n’en satisfait pas moins Keśin et dissipe ses incertitudes. Peu importe d’ailleurs cette réplique. Les questions posées par le disciple de Pârśva mettent en évidence les deux principales différences qui séparaient les doctrines.

Pârśva permettait le port des vêtements ; Mahâvîra prescrivait la nudité.

Pârśva reconnaissait quatre grands vœux ; Mahâvîra en ajoutait un cinquième, celui de la chasteté.