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ZEND-AVESTA : VENDIDAD. — INTRODUCTION


directions où le vent les porte ’ ; de là le transfert du corps sur des hauteurs éloignées et stériles" ou sur le sommet de tours spécialement construites, les Dakhmas Les bêtes fauves et les oiseaux de proie ont vite fait de dépouiller le cadavre des parties grasses, qui sont le siège principal de la corruption et de l’infection

C’est l’élément fluide, en effet, qui est le siège et le conducteur principal de l’impureté. C’est par l’eau, diraient les modernes, que les microbes se communiquent : « le sec ne se mêle pas au sec » , dit le Vendidad. De là aussi l’innocuité d’un cadavre au bout d’un an ; de là enfin la prohibition de jeter les cadavres à l’eau, crime puni de mort ’. C’est le feu qui chez nous est le grand purificateur. Le Zoroastrisme, abandonnant ici le terrain expérimental et utilitaire pour la théorie théologique, applique au feu les mêmes lois qu’à la terre et à l’eau. Perdu dans la contemplation de la flamme du feu sacré, il ne voit plus que le feu purifie tout et veille avec angoisse à sa pureté. Brûler un cadavre est un crime capitale L’idéal serait que le feu pût éternellement brûler sur l’autel, nourri par le prêtre de bois sec et odorant et luttant contre les démons invisibles. Les nécessités de la vie le dégradent à toutes sortes d’usages profanes : la religion du moins intervient pour le ramener à sa pureté première par une série d’opérations qui sont symboliquement pour le feu ce que le Barashnûm est pour l’homme’. Ce n’est point le seul cas où l’expérience naturaliste cède au principe mystique. La mort ne souille que quand elle s’empare d’une des créatures d’Ormazd : le cadavre d’une créature d’Ahriman, soit humaine, soit animale, — idolâtre, hérétique, bête malfaisante, — ne souille pas celui qui le 1. Vd. VIII, 2-3 ; cf. 79-80.

2. V(l. VI, 45-48.

3. Vd. 111,9, 13 ; VIII, 49-59.

4. Dàdistnn, XVIII. cité page 9, note 34.

5. Vd. VIII, 34.

6. Ihid., 33-34 ; cf. VI, 1-5 ; VII, 45-46. 7. Vd. VU, 25-26. L’expérience du tout à l’égoul et de ses résultats fait comprendre ces deux paragraphes.

8. Vd. I, 17 ; VII, 25-27 ; VIII, 74.

9. Vd.VIII, 73-80,81-96.