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ANNALES DU MUSÉE GUIMET

Angra Mainyu, plein de morl, lui répondit en créant ce fléau : les larmes et les lamentations 21 .

Vil

10 (33). Le septième des lieux et des pays excellents que je créai, moi, Aliura Mazda, fut le Vaêkereta, aux mauvaises ombres 22 .

Angra Mainyu, plein de mort, répondit en créant ce fléau : la Pairika Khnâthaiti, qui s’attacha à Keresâspa 23 .

s’en vont. Nous, nous tenons les observances neuf jours ou un mois: eux abandonnent la maison et s’en vont pendant neuf jou rs ou un mois » (JHarê vîsh shabkûn ; ma khânak amatash tanê dar bard vitirêt barâ sliabkûnd , barâ ozalund; îtûn cigûn lanâ 9 lai/yâ bîrakh dranâ pun pâhrêt yakhsanûnêm , olâshân baitâ barâ shabkûnd barâ ozalûnd od 9 lailyâ bîrakh dranâ). Il s’agit par exemple du cas prévu au Vd. V, 42; cf. 1 ’ Appendice A au Vd. VIII.

21. saraskemca driwikâca. D’après le Grand Bundahish, lefléau créé contre Harê est le shîn u mûî « les lamentations pour les morts » : « un parle, les autres reprennent autant qu’il leur plaît » (êvak yarnallûnêt apârîk yansagûnand pun cand ûcî kâmak). C’est la définition du vocero où la plus proche parente du défunt prononce une série de vers détachés auxquels les assistants répondent par des gémissements (voir nos Chants populaires des Afghans , p. 225). — sara ska est le persan sirishk « goutte, larme » ; je traduis driwikâ par conjecture ; le Vendidad pehlvi y voit des paroles ou des cris, vâjak; quelques-uns y voyaient des bruits de tambour funèbre (ît manîtûn yarnallûnêt âi pun labûra obdûnênd) : cf. driwyâo, bourdonnement ?(Farg. VIII, 2, note 3). Les lamentations funèbres sont formellement interdites par le Zoroastrisme : les larmes versées pour un mort forment une rivière qui l’empêche de passer le Pont Cinvat (Saddar , XCV1 ; Ardâ Virâf, XVI, 7 10).

22. Vaêkeretein \ i m duzbako-skayanem, Kâpûl dûsh-sâyak. Je reproduis, non sans doute, l’interprétation peldvie : l'analogie de Sugkdlio-sliayanem (§5) et de Velirkânô-sliayanem (§12) ferait attendre pour skayanem la traduction mânishn « demeure » et pour duzhakô un nom de peuple. La lecture sayanem (K 9 , ’°) se concilierait mieux avec la traduction sayâk. Close : « c’est-à-dire que l’ombre des arbres y est mauvaise pour le corps » (probablement y produit la fièvre) ; « quelques-uns disent l’ombre des montagnes». — Vaêkereta est le nom ancien de Caboul (Kâpûl); nous serait-il conservé dans le Bayâpox du Paropanise (Ptolémée, VI, 18)?

23. La Pairika symbolise, dans la mythologie zoroastrienne, l’idolâtrie étrangère. Il est à remarquer que dans toute l’épopée Caboul est considéré comme un pays d’idolâtres et de magiciens, de but-parastân et de dîv-parastân, ce qui s’explique par le fait que jusqu’à la conquête musulmane Caboul était un pays de civilisation indienne. D’autre part le héros SâmaKeresâspa. dont la légende est localisée dans le pays de Caboul où il meurt, est accusé d’impiété par la tradition : Zoroastre le vit puni dans l’enfer pour avoir manqué de respectai! feu, et selon le Bundahish (XXIX.