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(1481 ■).

SECON

(1482)

g Cette discussion amena M, Thiers à la tribune. IL avait uriê gravé comriiunication à faire à la chambre. « Quand nous luttions, —dit-il,

— contre les coalitions, nous pouvions être battus ; la -grandeur de la lutte, sauvegardait l’hôhnéuf du pays. Aujourd’hui, nous n’avons affaire.qu’à une seule puissance ; et le monde

’ s’étonne de rios revers. Quelle en est donc l’ex-

. pli cation ? C’est que la France n’était pas prête. Il y a quinze jours, je ; n’ai pas tout dit. Je ne pouvais-pas tout dire. J’avais la preuve formelle que la France n’était pas prête ! Je n’ai pasfait, pu ma vie, d’acte plus patriotique que Ce jorir^là. Non la France n’était pas prête, et il importé qu’on le sache.■ C’est la seule explication dé notre échec. Ça été le plus grand des motifs de mon opposition à la guerre. Non ! nous n’étions pas prêts ; je l’ai dit à tous les ministres, et G’est pour cela que j’ai vu, avec tant de douleur voter la guerre. »

La chambre entendit ensuite la lecture du rapport de la commission chargée d’examiner la proposiliondeM. Jules Favre, relative à l’organisation de la gardé nationale, et adopta à l’unanimité, un projet de loi, élaboré par la commission, et-ainsi formulé : ^

« Art. i". La- garde nationale est. rétablie dans tous les départements. — Art. 2. Il sera procédé immédiatement à sa réorganisation, conformément aux dispositions de la loi des S avrilj 22 mai et 13 juin Ï851. Toutefois, l’organisation des bataillons existants est maintenue pour la durée de la guerre. Pendant le mêriie temps, les officiers élus seront choisis parmi les anciens militaires. — La distribution des armes Sera faite d’abord aux gardes nationales dés départements envahis, des villes jriisës en état de défense et des communes des départements déclarés en- état de siégé. Lès

— anciens"’.mili-laires. seront les premiers enrôlés et armés.— Art..4. Les gardes nationaux blessés dans l’accomplissement de leur service, leurs VeuVes et leurs enfants auront droit aux secours et récompensés déterminés par les lois spéciales votées eri faveur des soldats des armées : déterre et de mer et [des bataillons de garde nationale mobile.—Art ; 5. Un crédit provisoire de 50 millions est ouvert au ministre deTintérieur et au ministre de la guerre, pour faire face, aux dépenses qu’entraînera l’organisation des gardes nationales de France. »

Le ministre de la guerre répondant alors à ririp interpellation de M. de Choiseuil, annonça, que sori premier sùiri, en prenant la direction

de là guerre, avait été d’ordonner l’envoi immëdiâtsur le théâtre dé la-lutte, de toutes les troupes qui n’élaient pas absolument nécessalresaillPurs ; Il’.annonça qu’uft décret, venait,

/d’organiser :éoUs Paris un corps : d’àrmëp où pourraient se réunir ou s’instruire les troupes

nouvelles. Une autre interpellation amena, de là part de M. Rlgaultde Genouilly, ministre de la marine, quelques explications sur la flotte. 1 « Nosfloltes, dit-il, occupent la Baltique et la mer d’Allemagne ; elles sont dans des conditions de matériel excellentes, quoique jamais armement : n’ait été fait plus rapidement chez aucune puissance maritime. (C’est-vrai ! c’est vrai !) C’est urie justice que j’avais à rendre aux préfets maritimes et à tous leurs subordonnés qui ont concouru à cette grande opéra- (’ tiou. (Très-bien ! très-bien !) Les équipages ac- f tuels, rappelés récemment des quartiers de l’inscription maritime, sont dans les meilleures ; conditions. Grâce aux spécialités que possède ! la flotte, l’instruction a été menée avec une rapidité foudroyante, et, aujourd’hui, partout on est prêt pour le combat. (Très-bien ! -Bravo ! ) Maintenant, cette occasion de combat tant désirée, tant recherchée, se présentera-t-elle ? Je n’ose l’affirmer à la chambre. » Cette occasion, en effet, ne devait pas se présenter.

On verra à l’article FRANCE, comment une proposition tendant à l’abolition des lois de proscription qui interdisaient à la famille d’Orléans le sol de la patrie, avait été repoussée par le corps législatif. M.Estancelin lut, dans la séance du 11 août, une lettre que François d’Orléans, prince de Joinville, venait d’adresser de Spa au ministre de la marine. Elle était datée du 9 et ainsi rédigée : « Amiral, en présence des dangers de la patrie, je demandé à l’empereur d’être employé, — n’importe à quel titre, dans l’armée active, et à mon ancien camaraderie m’aider à l’obtenir. » M. Estancelïn annonça que des lettres analogues avaient été adressées par les autres princes arix ministres de la guerre et de l’intérieur, et il s’empressait de soumettre à la chambre ce simple projet de loi : « La loi de bannissement votée le 27 mai 1848 contre les princes de la maison d’Orléans est rapportée. » Renvoyée à la commission d’initiative, cette proposition demeura sans résultat.

Un. emprunt était nécessaire. La chambre jugea indispensable de donner au ministre des finances des pouvoirs três-êlendus pour le réaliser et elle vota, à l’unanimité, la loi suivante : « Article Unique, Le montant des ressources que le ministre des finances est autorisé à se procurer pour faire face aux nécessités de la situation est élevé dri chiffre de 500 millions fixé par la loi du 21 juillet 1870, au chiffre de 1 milliard, dont il opérera la réalisation dans la forme, au taux et aux conditions qui concilieront le mieux les intérêts du Trésor àVee la facilité de ? négociations. » Le corps législatif adopta ensuite, non comme loi d’urgence, car le 10 août, en sus de ses valeurs en portefeuille