Page:Anonyme - Azolie ou la Jeune Fille muette, 1842.pdf/8

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       Pour racheter cette mésaventure.
N’espérant presque plus, pourtant on se rassure,
              Lorsque, parmi tous les docteurs
              Qui prétendaient à cette cure,
       Il en vient un qui fait sensation
              Par une consultation
              De la plus étrange nature.
Se disant inspiré par l’esprit du Sabbat,
              Il veut qu’on cherche dans l’État
              Femme ou fille la plus discrète,
Celle qui n’aurait pas, en toute occasion,
              Commis une indiscrétion,
Et qu’en langue hébraïque à l’auguste muette
Elle dise ce mot, ce mot plein d’onction,
Parlez ! … La guérison alors sera parfaite.
              Séduit par la voix du Prophète,
       Et, pour en voir plus tôt le résultat,
              Au même instant, du Califat
Il sortit un firman pour que des émissaires,
Promptement répandus jusque sur les frontières,
              Découvrissent le rare objet
Qui devait, d’un seul mot, produire un tel effet.



Des sérails de Bagdad et des palais des princes
Ils passent aux châteaux, aux maisons des provinces.