Page:Anonyme - L’Alpha de la république, 1848.djvu/14

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VII.


D. Que doit-on penser de ceux qui affectent de craindre et de ceux qui craignent réellement le retour des excès de 93 ?

R. Les premiers sont des ennemis de la république, qui ne sauraient inspirer assez de défiance et de réprobation. Quand la dissimulation est sur les lèvres, la trahison n’est pas loin du cœur. Pour les seconds, ils ont le tort, bien plus grand qu’ils ne pensent, de méconnaître leur époque, d’insulter gratuitement aux plus beaux sentiments du peuple, qui met son orgueil à ne point souiller son œuvre, et qui sait mieux que personne que les excès sont mortels à la liberté. D’ailleurs 93 est une de ces crises suprêmes qui ne se reproduisent point dans l’histoire d’une nation. Où sont aujourd’hui les ennemis intérieurs et extérieurs, qui enfermaient la convention comme dans un cercle de feu, et la condamnaient à vaincre à tout prix. Les Prussiens ont-ils envahi nos provinces ? les Vendéens ont-ils arboré contre la république l’étendard de l’insurrection ? Non. La Vendée s’est faite républicaine ; la Prusse et l’Allemagne entière marchent sur nos traces dans les voies de la liberté. Par quoi donc sont-ils épouvantés, les songe-creux de la peur ? Par un fantôme qui n’existe que dans leur imagination, et que, la réflexion aidant, dissiperont bientôt sans doute ces trois mots rayonnants, gravés sur nos drapeaux, au fronton de nos temples et dans le cœur de tous les bons citoyens : liberté, égalité, fraternité. La raison finit toujours par avoir raison.