Page:Anonyme - Macaire, chanson de geste.djvu/70

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est revenue comme d’elle-même à son point de départ, je veux dire au roman. C’est sous cette forme qu’on la retrouve dans les Animaux historiques[1] et dans le Choix de Légendes populaires[2], deux ouvrages qui datent l’un et l’autre de 1861.

« Et moi je vous dis que cette nouvelle faveur dont vient d’être encore l’objet ce damné d’Aubry de Montdidier m’était due ! Jusques à quand rencontrerai-je cet homme sur mon chemin ? » Tel est le début du récit que renferment les Animaux historiques, et où la haine de Macaire pour Aubri s’explique par l’envie, comme dans la plupart des relations antérieures. Une gravure accompagne le texte ; elle représente Macaire assailli par le chien.

Dans le Choix de Légendes populaires, l’histoire est beaucoup moins simple : ce n’est plus l’envie qui anime Macaire contre Aubri, c’est une rivalité d’amour. L’auteur a suivi le sentiment de ce magistrat qui, à l’annonce d’un crime, ne manquait jamais de demander : « Où est la femme ? » Ne la trouvant point ici, il l’a inventée. C’est une certaine Jeanne de Montessan, promise à Macaire, mais aimée d’Aubri et le payant de retour, comme on disait naguère. D’autres inventions non moins heureuses contribuent à étoffer le récit. C’était le droit de l’auteur d’en user de la sorte avec cette vieille histoire qu’il voulait rajeunir et habiller à la mode du jour ;

  1. Par Ortaire Fournier. 1 vol. in-8°. Paris, Garnier frères, p. 114-119.
  2. Trois vol. in-4°. Paris, 1861, t. III, p. 193-224.