Page:Anonyme ou Collectif - Voyages imaginaires, songes, visions et romans cabalistiques, tome 2.djvu/113

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est autorisée par la providence divine, ainsi c’est la direction de la providence qui la met à travailler ; & si nous voulions bien en écouter la voix, je suis sûr que ce seroit le moyen d’éviter un grand nombre de désastres, auxquels notre négligence est accoutumée d’assujettir notre vie.

Ils vécurent de cette manière deux années de suite dans une parfaite tranquillité, sans recevoir la moindre visite de leurs incommodes voisins. Il est vrai qu’un matin ils eurent une allarme bien chaude. Elle leur fut donnée par quelque Espagnols, qui ayant été de fort bonne-heure du côté occidental de l’île, où je n’avois jamais mis le pied, de peur d’être découvert, avoient été surpris par la vue d’une vingtaine de canots qui paroissoient sur le point d’aborder ; ils étoient revenus au logis à toutes jambes dans une grande consternation, & ils avoient averti leurs camarades du danger qui paroissoit les menacer.

Là-dessus ils se tinrent clos & couverts, pendant tout ce jour, & le jour suivant, ne sortant que la nuit pour aller à la découverte ; mais heureusement pour eux l’allarme étoit fausse, les sauvages n’étoient pas débarqués, ils avoient apparemment poussé plus loin pour exécuter quelqu’autre entreprise.

Peu de tems après, ces Espagnols eurent avec les trois Anglois une nouvelle querelle, dont