Page:Anonyme ou Collectif - Voyages imaginaires, songes, visions et romans cabalistiques, tome 2.djvu/133

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sera tombée en partage, comme si elle étoit réellement votre épouse, & que vous la mainteniez comme telle, en l’empêchant de son côté d’avoir aucun commerce scandaleux avec tout autre hommes. » Cette proposition leur parut à tous si juste & si équitable, qu’ils l’acceptèrent sans la moindre difficulté.

Les trois Anglois se trouvèrent même d’une humeur assez douce alors ; ils demandèrent aux Espagnols s’ils n’avoient pas encire d’en prendre quelques-unes pour eux. Ils répondirent tous que non. Les uns disent qu’ils avoient des femmes en Espagne ; & les autres, qu’ils n’avoient pas envie de se joindre à des femmes qui n’étoient pas chrétiennes : en un mot, ils déclarèrent tous qu’ils avoient la conscience trop délicate pour avoir le moindre commerce avec elles : ce qui est un exemple d’une vertu si rigide, que je n’en ai pas rencontré un pareil dans tous mes voyages.

Enfin, les cinq Anglois convinrent d’en prendre chacune une, & ainsi ils vécurent d’une manière toute nouvelle. Les Espagnols & le père de Vendredi continuèrent à demeurer dans ma vieille habitation, qu’ils avoient élargie considérablement en dedans. Ils avoient avec eux les trois esclaves qui avoient été pris, lorsque les sauvages s’étoient donné bataille : c’étoit-là, pour ainsi dire, la capitale de la colonie, dont les autres

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