Page:Anonyme ou Collectif - Voyages imaginaires, songes, visions et romans cabalistiques, tome 2.djvu/386

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Cette crasse ignorance de ces prétendus convertis, n’empêcher pas les missionnaires de croire fermement que ces gens iront tout droit en paradis, & qu’ils sont eux-mêmes les glorieux instrumens du salut de leurs prosélytes ; c’est dans l’espérance d’un succès si merveilleux, qu’ils hasardent de grands voyages, qu’ils subissent le triste sort de faire un long séjour parmi ces barbares, & qu’ils s’exposent à une mort accompagnée des tourmens les plus cruels. Pour moi, quelque mauvaise opinion que j’aie de leur manière de convertir les payens, je croirois pourtant manquer de charité, si je n’avois pas une haute idée du zèle qui les porte à entreprendre un pareil ouvrage, au milieu de mille dangers & sans la moindre vue d’un intérêt temporel.

Le religieux François nommé le père Simon, avoit ordre de s’en aller à Pékin, où réside le grand empereur de la Chine, & il n’étoit dans cette petite ville que pour attendre un compagnon, qui devoit venir de Macao pour faire ce voyage avec lui. Je ne le rencontrois jamais qu’il ne me pressât d’aller avec lui, en m’assurant qu’il me montreroit tout ce qu’il y a de grand & de beau dans tout ce fameux empire, & sur-tout la plus grande ville de l’univers ; une ville, selon lui, que Londres & Paris mis ensemble ne pourroient égaler.