Page:Anonyme ou Collectif - Voyages imaginaires, songes, visions et romans cabalistiques, tome 2.djvu/436

La bibliothèque libre.
Sauter à la navigation Sauter à la recherche
Le texte de cette page a été corrigé et est conforme au fac-similé.

porter ses eaux dans la mer Orientale ou Océan chinois. On nous débite que l’embouchure de ce fleuve est fermée par une espèce de joncs d’une grandeur terrible, ayant trois pieds de circonférence, & plus de vingt de hauteur. Pour dire mon sentiment là-dessus avec franchise, je crois que c’est-là une fable inventée à plaisir. La navigation de ce côté-là est absolument inutile, puisqu’il n’y a pas le moindre commerce ; tout le pays par où passe ce fleuve est habité par des Tartares, qui ne se mêlent que d’élever du bétail ; il n’est pas apparent par conséquent, que la simple curiosité ait jamais porté quelqu’un à descendre ce fleuve, ou à monter par son embouchure, pour pouvoir nous en apprendre des nouvelles. Il reste donc évident, que courant vers l’est, & entraînant avec lui tant d’autres rivières, il doit se répandre de ce côté-là dans l’Océan.

À quelques lieues du côté du nord de ce fleuve, il y a plusieurs rivières considérables, dont le cours est aussi directement septentrional, que celui de Jamour est oriental. Elles vont toutes porter leurs eaux dans le grand fleuve nommé Tartar, qui a donné son nom aux Tartares les plus septentrionaux, qu’on appelle Tartares Mongul, qui, au sentiment des Chinois, sont les plus anciens de tous les différens peuples qui