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HYAKOU-NIN-IS-SYOU.

le bruit d’une cascade qui tombait du haut des montagnes.

Dans la chapelle principale se trouve une admirable statue du Nyo-raï (sanscrit : तथागत tat‘âgata[1]), qui est la principale divinité de Saïondzi. Dans une autre chapelle appelée Sen-myakŭ In, il y a des Hyakŭ-si (s. बेषजगुरु B‘ešaǰa guru[2]). Dans la chapelle appelée Ku-dokŭ-zô In, se trouvent des Dzi-zô Bo-satsŭ (sansc. क्षितिगर्भ बोधिसत्त्त्व​ kčiti garb‘a bôd‘isattva[3]). Au bord de l’étang Ovasŭ-ike, au pied de la cascade Meô-oṋ-dô taki[4] (la cascade de la Salle aux Sons admirables), il y a une statue de Fu-dô-soṋ (अक्षोभ्य​ aksôb’ya[5]) qu’on a trouvée dans le pays de Setsŭ, vêtue d’un vêtement de chanvre (jap. mino) et d’un chapeau à larges bords en bambou (jap. kasa).

En outre, on a placé dans la chapelle Zyo-zyu-sin In aux cinq grandes salles, laquelle a été élevée sur un pont de pierre, la statue de Ai-zen ô s’occupant de la doctrine secrète गुह्यधर्म​

  1. « Celui qui est venu comme (ses prédécesseurs) ; » grec : ὁ διάδοχος.
  2. « Le Maître de la Médecine. »
  3. « Le principe de l’intelligence, germe de la terre. » — Les bôd‘i-sattva ou « êtres unis à l’intelligence » (en tibétain : བྱང་ཆུབ་སེམས་དཔའ་ byaṋ-č‘ub-sems-pa) sont ceux qui ne s’écartent plus de la voie qui mène à l’état suprême d’un bouddha parfait et accompli. (Foucaux, Lalitavistara, chap. I.)
  4. Les mots meô-oṋ « sons admirables » répondent au sanscrit मञ्जुघोष mañǰug‘oṣ̌a, qui est le nom d’un saint bouddhiste, civilisateur du Népâl.
  5. « Celui qui n’est pas troublé, l’inébranlable ». Les Tibétains (suivant M. Foucaux (Libr. cit., p. xxxvii), rendent ce mot par འཁྲུགས་པ hk‘rugs-pa, qui signifie au contraire « troublé ». Les mots 不動 qui figurent dans notre texte s’accordent complètement avec le sens du sanscrit aksob'ya.