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XIII
INTRODUCTION.

poésies chinoises une ligne très-sensible de démarcation. Toutefois on ne tarde pas à reconnaître l’influence de la Chine qui se manifeste même dans les pièces du genre national, auxquelles les indigènes ont cependant cherché à conserver, tant dans la forme que dans l’expression, une tournure essentiellement distincte. L’introduction de la littérature du Céleste-Empire dans le Nippon eut pour effet presque immédiat de mettre entre les mains des lettrés du pays le Chiking et quelques autres antiques poëmes chinois, qui devinrent pour tous d’inappréciables modèles. Alors il s’établit au Japon de nombreuses écoles qui eurent chacune des élèves enthousiastes, et qui rivalisèrent par la manière parfois très-différente suivant laquelle leurs fondateurs entendaient la composition des vers. La poésie, conçue d’après les règles adoptées à la Chine aux diverses périodes de son histoire, eut de la sorte de nombreux adeptes dont les meilleurs ouvrages, transmis d’âge en âge, constituèrent au Japon, à côté de la poésie purement nationale, toute une littérature poétique qui, si elle trahit souvent les particularités de l’esprit indigène, est du moins essentiellement chinoise de forme.

Enfin, nous voyons apparaître un genre qui semble assez moderne et qui est caractérisé par l’admission de la plupart des formes grammaticales du style de la conversation, partout ailleurs sévèrement exclues des productions littéraires. Ce genre, qui comprend notamment les chansons modernes, repousse tout emploi de caractères chinois dans sa rédaction ; mais il ne dé-