Page:Apollinaire - Le Flâneur des deux rives.djvu/31

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« Je n’ai jamais dégagé la montre. C’était un mauvais oignon qui ne m’a pas donné de tulipe. »

Une autre fois, il entra dans la boutique d’un brocanteur pour acheter un in-folio. Mais, le prix en étant trop élevé, il marchanda longtemps, si longtemps que le brocanteur lui dit :

« Vous marchandez trop et cependant je n’étrangle pas les clients. Je rabats autant que je peux. Il faut que tout le monde soit content. Je ne suis pas un mauvais diable ! »

« En ce cas, dit Liseux, je vous vends mon âme contre votre livre. »

Mais il finit par payer le volume avec une monnaie ayant cours.

Son imprimeur Motteroz le poursuivait parce qu’il lui devait de l’argent :

« Motteroz se fâche tout rouge, disait Liseux, c’est la folie des grandeurs ; voilà qu’il voudrait se faire passer pour le Cardinal. »

Un auteur lui proposait un manuscrit dont il ne voulut point.

« Les Estienne ou les Elzevier eussent-ils imprimé votre livre ? demanda Li-