Page:Apollinaire - Le Flâneur des deux rives.djvu/49

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courait à pied une région qu’il ne connaissait pas encore. Il ne s’embarrassait pas de bagages ; une bonne canne à la main, il voyageait, s’arrêtant quand il le voulait, sans se préoccuper des horaires.

Une fois, c’était près de Montereau, deux gendarmes l’arrêtèrent sur la route et lui demandèrent ses papiers.

M. Maurice Cremnitz se fouilla et ne trouva sur lui qu’une carte d’entrée à la Bibliothèque Nationale. Les gendarmes l’examinèrent et l’un d’eux :

« Alors, c’est là que vous travaillez ?… » Sur la réponse affirmative de M. Cremnitz il ajouta : « Vos patrons doivent bien mal vous payer puisque vous ne pouvez pas même prendre le chemin de fer. »

M. Maurice Cremnitz que connaissent peu les nouvelles générations mais que n’ont pas oublié André Gide ni Paul Fargue, s’engagea au début de la guerre.

Je le rencontrai à Nice dans son uniforme de fantassin.

Cremnitz vivait la vie des dépôts d’infanterie. Nous nous vîmes dans un café durant quelques minutes et, fantassin, il trouva qu’artilleur j’étais mieux vêtu que