Page:Apollinaire - Les Onze mille verges, 1911.djvu/102

La bibliothèque libre.
Sauter à la navigation Sauter à la recherche
Le texte de cette page a été corrigé et est conforme au fac-similé.
84
LES ONZE MILLE VERGES


étaient rondes comme des tours d’ivoire. Au bas du ventre se cachait la grotte mystique dans un bois sacré fauve comme les automnes. Cette toison était épaisse et les lèvres serrées du con ne laissaient apercevoir qu’une raie semblable à une coche mnémonique sur les poteaux qui servaient de calendriers aux Incas.

Mony respecta l’évanouissement d’Hélène. Il lui retira les bas et commença à lui faire petit salé. Ses pieds étaient jolis, potelés comme des pieds de bébé. La langue du prince commença par les orteils du pied droit. Il nettoya consciencieusement l’ongle du gros orteil, puis passa entre les jointures. Il s’arrêta longtemps sur le petit orteil qui était mignon, mignon. Il reconnut que le pied droit avait le goût de framboise. La langue lécheuse fouilla ensuite les plis du pied gauche auquel Mony trouva une saveur qui rappelait celle du jambon de Mayence.

À ce moment Hélène ouvrit les yeux et remua. Mony arrêta ses exercices de petit salé et regarda la jolie fille grande et potelée