Page:Apollinaire - Les Onze mille verges, 1911.djvu/72

La bibliothèque libre.
Sauter à la navigation Sauter à la recherche
Le texte de cette page a été corrigé et est conforme au fac-similé.
54
LES ONZE MILLE VERGES


che. Je me présente moi-même, eu égard à la difficulté de trouver dans ce train des relations qui nous seraient communes. Je suis le prince Mony Vibescu, hospodar héréditaire. Mademoiselle, que voici, c’est-à-dire Mariette, qui, sans doute, a quitté le service du Grand-Hôtel pour le vôtre, m’a laissé contracter envers elle une dette de reconnaissance dont je veux m’acquitter aujourd’hui même. Je veux la marier à mon valet de chambre et je leur constitue à chacun une dot de 50.000 francs.

— « Je n’y vois aucun inconvénient, dit la dame, mais voici quelque chose qui n’a pas l’air d’être mal constitué. À qui le destinez-vous ? »

La bitte de Mony avait trouvé une issue et montrait sa tête rubiconde entre deux boutons, devant le prince qui rougit en faisant disparaître l’engin La dame se prit à rire.

— Heureusement que vous êtes placé de façon à ce que personne ne vous ait vu… çà en aurait fait du joli… Mais répondez donc, pour qui cet engin redoutable ?

— Permettez-moi, dit galamment Mony,