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LES ESPADRILLES

n’ose la lui dire. — Confie-moi donc cela, Louisette ; qu’est-ce qui te gêne ? que veux-tu ? — Eh bien, confessa Louisette rougissante, eh bien ! je voudrais que monsieur Brisacier ne me fît plus la cour en espadrilles.

Bonne Louisette ! Elle avait tout accepté, le panama, le gilet jaune et la cravate à perroquets. Mais les espadrilles décidément, ces espadrilles dans lesquelles Brisacier se promenait plus fier qu’un roi depuis son voyage en Espagne ! heurtaient trop ses délicats instincts de Parisienne bien chaussée. Et Bisacier, ingénu poète dont tu devines le vrai nom, Brisacier ne peut être heureux, car il le fut ! qu’après avoir quitté la sphère étoilée de ses rêves pour aller prosaïquement chez un cordonnier de la rue de Buci, où Louisette l’accompagna, s’acheter une jolie paie de souliers Molière.

Je remerciai Philémon ; et nous voilà désormais convaincus de ceci : qu’il y eut des Mimi et de Muette, avant, pendant, et après Mürger !