Page:Arago - Œuvres complètes de François Arago, secrétaire perpétuel de l’académie des sciences, tome 1.djvu/54

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VII.


Au commencement de la deuxième année, je fus nommé chef de brigade. Hachette avait été professeur d’hydrographie à Collioure ; ses amis du Roussillon me recommandèrent à lui ; il m’accueillit avec beaucoup de bonté et me donna même une chambre dans son appartement. C’est là que j’eus le plaisir de faire la connaissance de Poisson, qui demeurait à côté. Tous les soirs, le grand géomètre entrait dans ma chambre, et nous passions des heures entières à nous entretenir de politique et de mathématiques, ce qui n’est pas précisément la même chose.

Dans le courant de 1804, l’École fut en proie aux passions politiques, et cela, par la faute du gouvernement.

On voulut d’abord forcer les élèves à signer une adresse de félicitations sur la découverte de la conspiration dans laquelle Moreau était impliqué. Ils s’y refusèrent, en disant qu’ils n’avaient pas à se prononcer sur une cause dont la justice était saisie. Il faut, d’ailleurs, remarquer que Moreau ne s’était pas encore déshonoré en prenant du service dans l’armée russe qui vint attaquer les Français sous les murs de Dresde.

Les élèves furent invités à faire une manifestation en faveur de l’institution de la Légion d’Honneur : ils s’y refusèrent encore ; ils virent bien que la croix donnée sans enquête et sans contrôle serait, en bien des cas, la récompense de la charlatanerie et non du vrai mérite.

La transformation du gouvernement consulaire en gou-