Page:Arago - Œuvres complètes de François Arago, secrétaire perpétuel de l’académie des sciences, tome 1.djvu/544

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clusions au plus tard en avril 1783 ? Les conclusions sont identiques, avec la simple différence que Cavendish appelle air déphlogistiqué de l’eau privée de son phlogistique, et que Watt dit que l’eau est un composé d’air déphlogistiqué et de phlogistique.

Nous devons remarquer qu’il y a dans la théorie de Watt la même incertitude, le même vague que nous avons déjà trouvé dans celle de Cavendish, et qu’elle provient aussi de l’emploi du terme, non exactement défini, de phlogistique[1]. Chez Cavendish, on ne saurait décider si le phlogistique est tout simplement de l’air inflammable, ou si ce chimiste n’est pas plutôt enclin à considérer comme air inflammable une combinaison d’eau et de phlogistique. Watt dit expressément, même dans son Mémoire du 26 novembre 1783, et dans un passage qui ne fait pas partie de la lettre d’avril 1783, que l’air inflammable, suivant ses idées, contient une petite quantité d’eau et beaucoup de chaleur élémentaire.

Ces expressions, de la part de deux hommes aussi éminents, doivent être regardées comme la marque d’une certaine hésitation, touchant la composition de l’eau. Si Watt et Cavendish avaient eu l’idée précise que l’eau résulte de la réunion des deux gaz privés de leur chaleur

  1. Dans une note de son Mémoire du 26 novembre 1783 (p. 331), on lit cette remarque de Watt : « Antérieurement aux expériences du docteur Priestley, Kirwan avait prouvé par d’ingénieuses déductions empruntées à d’autres faits, que l’air inflammable est, suivant toute probabilité, le vrai phlogistique sous une forme aérienne. Les arguments de Kirwan me semblent à moi parfaitement convaincants ; mais il paraît plus convenable d’établir ce point de la question sur des expériences directe. »