Page:Ardel - Coeur de sceptique.pdf/55

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Cette femme doit porter le fardeau d’une épreuve, — peut-être ancienne, — qui l’a durement meurtrie.

De la jeune fille qui l’accompagne, je ne puis distinguer qu’une forme mince, singulièrement élégante, et, se dégageant à demi d’un vaporeux fouillis de dentelle noire, quelques mèches blondes, un petit nez droit, de vraies lèvres de bébé toutes fraîches, des cils qui font une ombre sur la joue d’une carnation transparente…

Je finis de griffonner ces quelques notes et je m’aperçois, en relevant la tête, que ma jeune compagne ne dort plus ; elle a rejeté son capuchon, et ses cheveux apparaissent ayant une couleur de feuilles mortes très lumineuse, formant un joli contraste avec les sourcils brun foncé. À son tour, elle m’examine, la bouche un peu fière, avec des yeux