Page:Ardouin - Étude sur l’histoire d’Haïti, tome 1.djvu/283

La bibliothèque libre.
Sauter à la navigation Sauter à la recherche
Le texte de cette page a été corrigé et est conforme au fac-similé.


défenseurs ; et quoique Sonthonax ne néglige rien pour s’approprier exclusivement la gloire d’avoir fondé la liberté dans les Antilles, les blancs, les noirs et les hommes de couleur savent parfaitement que j’ai contribué plus que lui (et c’est là mon vrai crime) aux opérations sublimes qui ont fait proclamer à Saint-Domingue la déclaration des droits de l’homme. La preuve de cette dernière vérité se trouve dans les témoignages d’attachement que les noirs m’ont toujours donnés, dans la confiance que les républicains de toutes les couleurs qui sont actuellement à Saint-Domingue, m’ont accordée et m’accordent encore… »

Nous le disons à regret par rapport à Pinchinat, mais nous disons que s’il s’est défendu suffisamment de n’avoir pas été l’auteur de l’embarquement des suisses, c’est-àdire que ce ne fut pas lui qui imagina cette mesure, qui la proposa, néanmoins il ne nous semble pas se justifier quant à son avis personnel, à son consentement donné au comité secret pour effectuer cette déportation, ainsi que firent Bauvais et Lambert. Nul doute ne reste à l’histoire que ce sont les blancs du Port-au-Prince qui la proposèrent, qui ameutèrent la populace pour influer sur les hommes de couleur, qui firent décider cette fatale question en comité secret et par assis et levé ; mais il n’est pas moins prouvé que les chefs de l’armée, Bauvais, Lambert et Pinchinat eurent la faiblesse d’y consentir, uniquement par le désir de maintenir la paix.

Ils ne tardèrent pas à se repentir de cette regrettable condescendance, et le rapport de Roume en donne la preuve en leur faveur. C’est ce qui explique l’influence que ces mêmes chefs conservèrent sur les ateliers d’esclaves, dans les deux provinces de l’Ouest et