Page:Ardouin - Étude sur l’histoire d’Haïti, tome 1.djvu/381

La bibliothèque libre.
Sauter à la navigation Sauter à la recherche
Le texte de cette page a été corrigé et est conforme au fac-similé.


ans dans la gendarmerie et qu’ils maintiendraient la discipline dans les ateliers.


Roume continua à résider dans l’Ouest jusqu’à l’arrivée des nouveaux commissaires civils. Il était à Saint-Marc, le 19 septembre, quand il apprit qu’ils venaient de débarquer au Cap. Il se rendit auprès d’eux, accompagné de Savary qu’il appelle le Washington des hommes de couleur, en même temps qu’il nomme Pinchinat leur Franklin. C’est avec raison que Garran dit de lui, que ses écrits recevaient de sa plume la teinte un peu romanesque, qui paraît être l’un des traits distinctifs de son caractère. On pourrait encore passer à Roume la comparaison relative à Pinchinat ; mais comparer Savary à Washington, après l’éloge qu’il fait de Bauvais ! Savary et Lapointe dont il a vanté la sagesse, n’en furent pas moins des traîtres qui contribuèrent avec les colons à tenter de replacer tous les noirs dans l’esclavage, sous la domination de la Grande-Bretagne.


Dans la nuit du 11 au 12 juillet, Blanchelande partit pour Jérémie avec les vaisseaux le Jupiter et le Borée, afin d’y faire publier la loi du 4 avril que les blancs du quartier de la Grande-Anse refusaient encore de reconnaître. Le but de son voyage était aussi de faire mettre en liberté des hommes de couleur qu’ils retenaient prisonniers à bord d’un navire, comme au Port-de-Paix, depuis plusieurs mois. Déjà, il y avait vainement envoyé le commandant Rochefontaine, à la tête d’un détachement du régiment de Berwick, dans le même but ; cet officier avait été paralysé par les séductions que les blancs employèrent auprès de cette troupe. André Ri-