Page:Ardouin - Étude sur l’histoire d’Haïti, tome 1.djvu/76

La bibliothèque libre.
Sauter à la navigation Sauter à la recherche
Le texte de cette page a été corrigé et est conforme au fac-similé.


chaînés dans la servitude, pour s’élever à leur dignité d’hommes trop longtemps méconnue.


VII.


Dans ce but, nous allons faire encore des citations qui compléteront les précédentes ; mais nous les prendrons maintenant dans les écrits qui ont plaidé la cause des opprimés, au début de la révolution.

Le plus constant des Amis des noirs, Henri Grégoire, curé d’Embermenil, devenu évêque de Blois, en présentant en 1789, à l’assemblée nationale dont il était membre, un mémoire en faveur des gens de couleur ou sang-mêlés de Saint-Domingue, établissait ainsi les privations imposées à cette classe :


« Défense d’exercer certains métiers, comme l’orfévrerie.

» Défense d’exercer la médecine et la chirurgie.

» Défense de porter des noms européens, injonction de prendre des noms africains[1].

» Injonction aux curés, notaires et autres hommes publics, de consigner dans leurs actes les qualifications de mulâtres libres, quarterons libres, sang-mêlés, etc.

» Défense de manger avec les blancs.

» Défense de danser après 9 heures du soir.

» Défense d’user des mêmes étoffes que les blancs. Des archers de police furent commis à l’exécution de

  1. Cependant, les colons donnaient des noms romains ou grecs à leurs esclaves venus d’Afrique : aussi prodiguaient-ils le nom des Sylla, des Scipion, des César, des Socrate, des Caton, des Pompée, des Saturne, des Mentor, des Télémaque, etc., etc.