Page:Ardouin - Étude sur l’histoire d’Haïti, tome 3.djvu/528

La bibliothèque libre.
Sauter à la navigation Sauter à la recherche
Le texte de cette page a été corrigé et est conforme au fac-similé.


population, sans distinction entre les hommes, en se fondant sur les principes éternels qui régissent les sociétés, nous lui décernerons les louanges qu’il aura méritées. Mais si, au contraire, son administration a été oppressive, s’il a fait le mal, pouvant faire le bien, nous flétrirons sa mémoire.


Après avoir produit la correspondance et les actes officiels qui ont eu lieu entre l’agent Hédouville et T. Louverture, depuis l’arrivée du premier jusqu’à son départ, nous pourrions nous dispenser de relever diverses erreurs commises par Pamphile de Lacroix dans ses Mémoires, en ce qui concerne les relations du général en chef avec Rigaud. Mais comme ces erreurs ont été reproduites par M. Madiou, dans son Histoire d’Haïti, et que cet auteur en a ajouté d’autres provenant des traditions populaires de notre pays, nous croyons qu’il est de notre devoir de les examiner ici, afin de les réfuter toutes ensemble, et de détruire ce qu’elles auraient de fâcheux, en induisant l’opinion des contemporains et de la postérité dans de fausses appréciations, sur les faits historiques et sur la conduite respective de Rigaud et de T. Louverture, ces deux grandes figures qui ont brillé dans nos annales.

Que notre compatriote nous pardonne cet examen que nous entreprenons dans l’intérêt de la vérité : cette vérité est trop utile aux peuples, pour qu’un auteur craigne de blesser la susceptibilité d’un devancier dans la carrière de l’histoire. Il faut la dire aux hommes, pour honorer l’histoire et les porter à se prémunir contre des idées et des opinions qui les entraîneraient, à leur insu, dans des sentimens indignes d’eux et qui leur nuiraient essentiellement.