Page:Ardouin - Étude sur l’histoire d’Haïti, tome 4.djvu/13

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verseau et Pamphile de Lacroix ont accusé les Anglais, Maitland surtout, d’avoir été les auteurs de cette guerre civile !

Roume était encore à Santo-Domingo. Le 12 décembre il écrivit à Rigaud qu’il se disposait à se rendre dans la partie française, et que rendu là, il réunirait auprès de lui le général en chef, Rigaud, Bauvais et les autres chefs militaires, afin de conférer ensemble avec franchise et cordialité, sur les mesures à employer pour la sûreté extérieure et intérieure du pays, comme pour l’organisation constitutionnelle, la réparation des abus, et la consistance de toutes les autorités républicaines.

Il arriva au Port-au-Prince, le 12 janvier 1799. Le 17 il écrivit à Rigaud qu’il venait de recevoir une lettre de T. Louverture, datée de l’habitation Descahos, et qu’il serait rendu sous peu de jours au Port-au-Prince :

« La confiance que j’ai dans les vertus de ce grand homme ne me permet plus de supposer que nous n’agissions de concert pour l’intérêt de Saint-Domingue, qui ne saurait être différent de celui de la grande nation. Lorsque j’aurai eu ma première entrevue avec ce général, je m’empresserai de vous écrire pour vous en communiquer le résultat qui sera, j’espère, de nous réunir tous ici, pour concerter ensemble les moyens d’opérer partout le bien, de la même manière, en ne nous écartant jamais de l’acte constitutionnel et de la loi organique des colonies, et en ne voulant pas aller trop vite. » Or, il n’y avait d’autre loi organique pour Saint-Domingue, que celle qui réglait et déterminait les limites des cinq départemens, dans lesquels des tribunaux civils et correctionnels, et des administrations départementales et communales devaient être établis. Les colonies françaises,