Page:Ardouin - Étude sur l’histoire d’Haïti, tome 4.djvu/18

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ment du Sud ces différentes communes jusqu’à Léogane. Roume insistant, il paraît que dans la conférence même, Rigaud lui demanda sa démission que l’agent refusa.

Écoutons, à ce sujet, Kerverseau dans son rapport :

« Roume, en arrivant dans la partie française, avait convoqué les plus influens des généraux au Port-Républicain, espérant étouffer tous les ressentimens dans des embrassemens fraternels et réunir tous les efforts pour le salut de la colonie. Mais le général en chef sut en profiter pour augmenter les dissentimens, réveiller les jalousies et rendre les haines plus irréconciliables. Il promettait à Bauvais le commandement de toute la partie du Sud, et lui montrait en perspective le commandement en chef de l’armée de Saint-Domingue, et excitait Laplume à demander à Rigaud la restitution des Grand et Petit-Goave. Ces deux places avaient autrefois fait partie du commandement du Sud ; la délégation (dont Kerverseau était membre) voulant établir une sorte d’équilibre entre les chefs de ce département, les avait distraites ainsi que Léogane, de la dépendance de Rigaud, pour les mettre sous celle de Bauvais, sur la subordination duquel elle comptait davantage. Sonthonax, qui ne se fiait ni à l’un ni à l’autre, imagina de placer entre eux deux un général noir, sépara de Jacmel, Léogane et les autres districts que les délégués y avaient réunis, en forma un arrondissement particulier, et en donna le commandement à Laplume, qui fut nommé à cet effet général de brigade… Toussaint qui avait gagné Laplume et qui voulait subjuguer Rigaud, appuyait fortement la demande du premier. La discussion fut vive et paraissait devoir finir d’une manière sanglante ; mais Rigaud, soit par condescendance pour l’agent, soit pour ôter à Toussaint tout prétexte d’user de violence sur sa per-