Page:Ardouin - Étude sur l’histoire d’Haïti, tome 4.djvu/303

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Le 25 janvier, étant à Boca-Nigua, T. Louverture écrivit à Don Garcia :

« Je réponds à la lettre de V. E. de ce jour, et je suis très-satisfait des mesures qu’elle propose pour amener le pavillon de S. M. C., et arborer le pavillon français, alors que les troupes de la République auront pris possession de l’arsenal. J’observerai seulement à V. E. que le salut national est de 22 coups de canon : j’avais prévenu l’adjudant-général D’Hébécourt sur ce point, sur lequel nous sommes maintenant d’accord[1]. »

T. Louverture avait fait venir des bâtimens armés pour bloquer Santo-Domingo. L’un d’eux, commandé par un blanc nommé Pierret, de la station du Sud et sortant des Cayes ( où il avait noyé beaucoup d’hommes dans l’affaire d’Ambouille Marlot), ayant capturé une felouque espagnole, le général en chef ordonna à Pierret de la remettre à son capitaine, attendu que l’Espagne n’était pas en guerre avec la France. Il écrivit lui-même une lettre à ce capitaine, pour lui donner avis de cet ordre.

Le 26 janvier ( et non le 27, suivant M. Madiou) le général en chef fît son entrée à Santo-Domingo, ainsi qu’il l’avait réglé, au son des cloches des églises de cette antique cité.

Le gouverneur Garcia et le cabildo étaient venus le recevoir à la porte Del Conde, principale entrée de la ville : ils l’invitèrent d’aller à l’Hôtel-de-ville où, rendus, ils lui dirent de prêter le serment usité à la réception des gouverneurs envoyés par le roi d’Espagne, — au nom de la Très-Sainte Trinité, de gouverner avec équité. Mais T.

  1. La salve de 22 coups de canon répondait à la date de la fondation de la République française, qui eut lieu le 22 septembre 1792.