Page:Ardouin - Étude sur l’histoire d’Haïti, tome 4.djvu/306

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mêmes renseignemens. Il est vrai que T. Louverture affectait partout de l’attendre, parce que ses chevaux, plus agiles que des cerfs, lui assuraient de l’avance, et qu’il ne repartait que lorsque des signaux lui faisaient comprendre l’approche de celui devant lequel il s’amusait à fuir[1]. »

M. Madiou affirme, lui, que du Cap, T. Louverture se rendit au Mirebalais avec la plus grande précipitation ; mais, d’après sa version, l’officier de marine n’aura couru seulement que 48 heures sans atteindre le général en chef[2].

Un troisième auteur, M. Lepelletier de Saint-Rémy, fait partir T. Louverture — « de Daxabon où il était venu passer, dans le repos et le recueillement, les fêtes de Noël : il va, à la tête d’un corps de troupes, châtier le noir Galard ( Lubin Golard) dont la bande désole les campagnes du Port-de-Paix. Mais, tandis qu’on le croit en route pour remonter vers le Nord, il fait une volte subite et redescend (ce serait plutôt remonter) rapidement sur San-Juan de Maguana…[3] » Dans ce récit, il y a absence complète de tout officier de marine.

Eh bien ! les actes et les faits démentent toutes ces assertions fabuleuses.

Nous avons prouvé au chapitre précédent, que T. Louverture était au Port-au-Prince le 31 décembre, y publiant son arrêté sur la réduction des droits d’importation à 10 pour cent au lieu de 20. Quelle que fût la célérité qu’il mettait dans ses voyages, il n’aurait pu, physiquement, se transporter au Cap ensuite pour se rendre de-là à Saint-Jean

  1. Mémoires, t. 2, p. 14 et 15.
  2. Histoire d’Haïti, t. 2, p. 83.
  3. Etude et solution nouvelle de la question haïtienne, t. 1er p. 310.