Page:Ardouin - Étude sur l’histoire d’Haïti, tome 9.djvu/172

La bibliothèque libre.
Sauter à la navigation Sauter à la recherche
Le texte de cette page a été corrigé et est conforme au fac-similé.


sous la présidence du doyen d’âge, et que dans la même séance, un bureau fut formé pour procéder à la vérification du pouvoir des élus. Il fut composé de Laborde, président ; de Béranger et Caminéro, secrétaires. Dans une seconde séance du même jour, prolongée jusque neuf heures du soir, une douzaine de représentans furent admis, d’après les procès-verbaux de leur nomination. Le lendemain, 30, la plupart des autres le furent également ; et ce jour-là, Laborde déclara « qu’il renonçait à sa qualité de militaire pour pouvoir rester représentant, » et Pierre André renonça aussi à la charge de juge au tribunal de cassation par le même motif, et ce, en vertu de l’article 81 de la constitution[1]. Le 1er août, la Chambre procéda à la formation nouvelle de son bureau qui devait rester en fonctions durant tout le mois. Mais, si elle conserva les deux Secrétaires nommés le 29 juillet, elle remplaça Laborde par J.-S. Hyppolite, représentant du Cap-Haïtien, réélu de même que Saint-Martin qui avait siégé avec lui l’année précédente. Ce changement opéré dans la présidence, pour ouvrir la session, indique que la Chambre se préoccupait de la convenance de ne pas placer à sa tête, un de ses membres qu’elle savait n’être pas agréé par le chef de l’État, d’après tout ce qui s’était dit à ce sujet.

Dès le 3 aoùt, elle lui fit savoir qu’elle était constituée en majorité, afin de savoir quel jour il fixerait pour l’ouverture de la session, cette formalité devant avoir lieu par le Président d’Haïti en personne. Une députation lui fut envoyée à cet effet, et Pierre André en faisait partie ; mais, dans la séance du 5, ce représentant adressa une lettre à la

  1. Art. 81. Il y a incompatibilité entre les fonctions des représentans des communes, et toutes fonctions publiques salariées par l’Etat.