Page:Ardouin - Étude sur l’histoire d’Haïti, tome 9.djvu/173

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Chambre pour lui exposer des motifs qui s’opposaient il ce qu’il cumulât cet office avec la charge salariée de directeur de l’école nationale lancastérienne, à moins que la Chambre ne prit ces motifs en considération. En présence de l’art. 81 de la constitution, qui avait déjà porté ce représentant à renoncer à la charge de juge au tribunal de cassation, la Chambre déclara qu’elle acceptait sa démission, et elle appela le suppléant Ardouin aîné pour le remplacer : ce qui se fit dans une seconde séance du 5[1]. Le 7, une nouvelle séance eut lieu pour l’admission de deux nouveaux représentans, et celle de l’ouverture de la session n’arriva que le lendemain, cinq jours après que le Président d’Haïti eut été averti de la constitution de la Chambre, et bien qu’il eût fixé sa réunion au 1er août.

Le discours de son président Hyppolite, en réponse à celui du Président d’Haïti, fut très-convenable. Il y rappela que l’année précédente, « la Chambre, au nom de la nation, s’était félicitée de l’heureux événement qui avait réuni à la République, les parties du Nord et del’Artibonite qui en étaient séparées par une guerre qui avait duré trop long-temps ; » et il ajouta que dans la circonstance actuelle, la législature avait un nouveau motif de se réjouir pour la réunion de l’Est. « Cette réunion, dit-il, est d’autant plus honorable pour nous, qu’aucune provocation de notre part n’y a donné lieu : les Haïtiens de la partie de l’Est nous ont appelés à leur secours, nous y avons volé. Cet heureux événement ne s’est opéré que par la libéralité de nos institutions… C’est donc à nous, mandataires de

  1. Lorsque le citoyen Pierre André fut élu représentant, il était déjà juge au tribunal de cassation et directeur de l’école nationale. Ces deux emplois n’étaient pas incompatibles entre eux, mais l’un et l’autre, étant salariés, ne pouvaient être exercer par un représentant.