Page:Ardouin - Étude sur l’histoire d’Haïti, tome 9.djvu/194

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membres d’apporter au Président d’Haïti la pétition de Félix Darfour, accompagnée d’un message ; puis, elle reforma son bureau pour diriger ses travaux pendant le mois de septembre : Caminéro, un des représentans de Santo-Domingo, fut élu président[1].

Le même jour, avant d’avoir reçu la pétition incriminée, le Président dénonça Félix Darfour au générâl Thomas Jean, commandant de la place et provisoirement de l’arrondissement du Port-au-Prince, « comme ayant fait et signé un écrit séditieux qu’il présenta à la Chambre des représentans et qui y fut lue publiquement la veille, dont le but était de fomenter la discorde, d’allumer la guerre civile en portant les citoyens à s’armer les uns contre les autres ; et que, nouveau Christophe, il a insinué dans cet infâme écrit les principes les plus subversifs, en sappuyant sur le mensonge et la calomnie, pour essayer de détruire la confiance dans le gouvernement, etc. » Cette dénonciation, par lettre du Président, ajouta « La clameur publique a dénoncé le coupable ; l’opinion des citoyens patriotes l’a jugé, et en arrêtant par un mouvement spontané, on allait l’immoler, si les agents de la police n’avaient interposé leur autorité pour faire triompher les lois, en plaçant le criminel sous leur empire, afin que, passant par un jugement régulier, il soit frappé du glaive terrible de la justice[2]

  1. On raconta alors que J.-S. Hyppolite, président de la Chambre, étant allé au palais, se plaignit à Boyer de ce que les officiers étaient venus arrêter Laborde dans le local même de la Chambre, sans respect pour la représentation nationale ; et que Boyer lui ayant répondu avec colère « que la Chambre favorisait les factieux » il sortit du palais en montrant une grande irritation. Il est certain qu’Hyppolite resta longtemps en froideur avec Boyer ; apres avoir cessé d’être représentant dans la deuxième legislature, il n’accepta de nouvelles fonctions publique, qu’en 1840. Des lors, Boyer, ne cessa de lui donner des preuves de son estime.
  2. La lettre du Président au général Thomas Jean fut écrite par Inginac. Dan ses Mé-