Page:Ardouin - Étude sur l’histoire d’Haïti, tome 9.djvu/82

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année[1]. Dans la séance du lendemain, la Chambre décida, avec raison, qu’elle ne poursuivrait ses travaux qu’à l’arrivée, dans son sein, des représentans de l’Artibonite et du Nord. Le 5 septembre, elle se constitua en majorité par l’admission des 27 élus qui, réunis aux 29 de l’Ouest et du Sud, formaient la représentation nationale à 56 membres.

Le Président lui soumit le projet du 3e livre du code civil ; et reprenant les précédens projets proposés en 1820, elle examina et vota successivement ces parties du code jusqu’aux dispositions du conseil judiciaire inclusivement. Mais, dès le 7 septembre, quatre jours après sa constitution en majorité et avant le vote d’aucune loi, elle arrêta qu’un projet « d’adresse au peuple » lui serait présenté par un comité, pour inviter les citoyens à suivre rigoureusement le vœu de la constitution dans les prochaines élections de février 1822, relatives à leurs représentans. Cette préoccupation est remarquable.

Dans la séance du 24, un message du Président d’Haïti, transmit une liste de 15 candidats ; le 25, un autre message accompagna une nouvelle liste de 15 candidats, parmi lesquels la Chambre élut, chacun de ces jours, cinq sénateurs, en procédant comme elle avait fait en 1817. Boyer, de même que Pétion, avait groupé ces candidats par fractions de trois. Le Sénat, qui avait déjà 14 membres, se trouva ainsi au complet[2]

  1. Ce baiser échangé entre les deux présidens tenait aussi aux usages entre francs-maçons. Boyer étant le Grand-Protecteur de l’Ordre maçonnique en Haïti, le président de la Chambre étant presque toujours franc-maçon comme lui, on agissait ainsi dans le but de rappeler ces relations fraternelles qui étaient propres à entretenir l’harmonie entre les deux pouvoirs.
  2. On remarquera encore cette particularité, par rapport à ce qui eut lieu en 1839. Les sénateurs élus en 1821 furent Sannon Roche. Stanislas Latortre, Golard, Filliâtre et Manigat, citoyens de l’Artibonite et du Nord ; — Lerebours, Gayot, Linard, Bazelais et J. Thézan, de l’Ouest. Cependant, Manigat et Bazelais habitaient le Sud en ce temps-là.