Page:Aristophane, trad. Talbot, 1897, tome 1.djvu/25

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AMPHITHÉOS.

Je me hâtais de t’apporter ici la trêve ; mais quelques Akharniens de vieille roche ont flairé la chose, vieillards solides, d’yeuse, durs à cuire, combattants de Marathôn, de bois d’érable. Ils se mettent à crier tous ensemble : « Ah ! scélérat ! tu apportes une trêve, et on vient de couper nos vignes ! » En même temps ils mettent des tas de pierres dans leurs manteaux ; moi je m’enfuis ; eux me poursuivent en criant.


DIKÆOPOLIS.

Eh bien, qu’ils crient ! Mais apportes-tu la trêve ?


AMPHITHÉOS.

Oui, assurément, et j’en ai de trois goûts. En voici une de cinq ans ; prends et goûte.


DIKÆOPOLIS.

Pouah !


AMPHITHÉOS.

Qu’y a-t-il ?


DIKÆOPOLIS.

Elle ne me plaît pas : cela sent le goudron et l’équipement naval.


AMPHITHÉOS.

Eh bien, goûte cette autre, qui a dix ans.


DIKÆOPOLIS.

Elle sent, à son tour, le goût aigre des envoyés, qui vont par les villes stimuler la lenteur des alliés.