Page:Aristophane, trad. Talbot, 1897, tome 1.djvu/283

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LE CHŒUR.

Des pourparlers avec toi, haïsseur du peuple, ami de la monarchie, complice de Brasidas, toi qui portes des franges de laine et qui nourris une épaisse moustache !


BDÉLYKLÉÔN.

Hé ! par Zeus ! mieux vaudrait pour moi abandonner tout à fait mon père, que de lutter chaque jour contre des flots si orageux.


LE CHŒUR.

Et pourtant tu n’en es qu’au persil et à la rue, pour nous servir d’un terme emprunté aux marchands de vin. Maintenant, en effet, tu n’as rien à souffrir, mais tu verras quand l’accusateur entassera contre toi ces mêmes griefs et citera tes complices.


BDÉLYKLÉÔN.

Enfin, au nom des dieux, est-ce que vous n’allez pas me débarrasser de vous ? Avez-vous résolu que moi j’éreinte et que vous soyez éreintés tout le jour ?


LE CHŒUR.

Non, jamais, tant qu’il me restera le souffle, au lieu que tu aspires à nous tyranniser.


BDÉLYKLÉÔN.

Comme tout est pour vous tyrannie et conspirations, quelle que soit l’affaire, grande ou petite, mise en cause ! Pour moi, je n’ai pas entendu ce mot durant cinquante années. Aujourd’hui, il est plus commun que le poisson salé. C’est au point qu’il roule dans toute l’Agora. Si