Page:Aristophane, trad. Talbot, 1897, tome 1.djvu/38

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plément de ces guenilles, le petit bonnet qui coiffait le Mysien. Il me faut aujourd’hui avoir l’air d’un mendiant, être ce que je suis, mais ne pas le paraître. Les spectateurs sauront que je suis moi, mais les khoreutes seront assez bêtes pour être dupes de mon verbiage.


EURIPIDÈS.

Je te le donnerai, car ta subtilité machine des finesses.


DIKÆOPOLIS.

« Sois heureux, et qu’il arrive à Téléphos ce que je souhaite. » Très bien ! Comme je suis bourré de sentences ! Mais il me faut un bâton de mendiant.


EURIPIDÈS.

Prends, et éloigne-toi de ces portiques.


DIKÆOPOLIS.

Ô mon âme, tu vois comme on me chasse de ces demeures, quand j’ai encore besoin d’un tas d’accessoires. Sois donc pressante, quémandeuse, suppliante. Euripidès, donne-moi une corbeille avec une lampe allumée.


EURIPIDÈS.

Mais, malheureux, qu’as-tu besoin de ce tissu d’osier ?


DIKÆOPOLIS.

Je n’en ai pas besoin, mais je veux tout de même l’avoir.


EURIPIDÈS.

Tu deviens importun : va-t’en de ma maison.


DIKÆOPOLIS.

Hélas ! Sois heureux comme autrefois ta mère !