Page:Aristophane, trad. Talbot, 1897, tome 1.djvu/400

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HIÉROKLÈS.

Tu ne feras jamais que l’écrevisse marche droit.


TRYGÆOS.

Tu ne souperas plus jamais au Prytanéion, et tu ne rendras plus d’oracles sur le fait accompli.


HIÉROKLÈS.

Tu ne rendras jamais lisse la peau rude du hérisson.


TRYGÆOS.

Cesseras-tu enfin d’en imposer aux Athéniens ?


HIÉROKLÈS.

En vertu de quel oracle avez-vous rôti des cuisses pour les dieux ?


TRYGÆOS.

En vertu de celui que Homèros a exprimé dans ses beaux vers : « Quand ils eurent chassé le nuage ennemi de la Guerre, ils embrassèrent la Paix et lui offrirent un sacrifice. Quand les cuisses furent brûlées et qu’ils se furent repus des entrailles, ils firent des libations avec leurs kratères. Et moi, je leur montrais le chemin ; mais personne n’offrit au devin la coupe éclatante. »


HIÉROKLÈS.

Je ne me préoccupe pas de tout cela : ce ne sont point paroles de la Sibylle.


TRYGÆOS.

Mais, de par Zeus ! le sage Homèros a dit encore ces mots ingénieux : « Il est sans phratrie, sans lois, sans