Page:Artin Pacha - Contes populaires inédits de la vallée du Nil, 1895.djvu/262

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en amenant des chanteuses et des danseuses renommées.

Elle fit amarrer sa dahabieh assez près de celle du prince, son mari.

Il remarqua tout ce luxe et en fut frappé à tel point qu’il envoya un de ses eunuques demander à la maîtresse de la dahabieh si elle voulait bien permettre au fils du Sultan d’aller lui tenir compagnie.

L’eunuque obéit et reçut l'autorisation qu’il demandait pour son maître qui ne pouvait en croire ses yeux, tellement l’aventure lui plaisait. Enfin, il se rendit sur cette fameuse dahabieh et, transporté de joie, il conversa avec la fille du menuisier. Ils goûtaient tous deux un plaisir indicible à s’aimer.

Ils continuèrent ainsi bien avant dans la nuit. En se séparant elle demanda au prince comment s’appelait le village où ils se trouvaient. Il lui dit qu’il s’appelait Haroun.

Sachant qu’elle avait conçu, elle ne voulut pas oublier ce nom pour le donner à son premier-né.

La noce terminée, chacun se retira de son côté. Le fils du Sultan rentra plus amoureux