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agite ⁁la sa col queue et ⁁les ses oreilles, interroge de l’œil sur la route à prendre. De temps en temps, il s’arrête pour voir défiler la colonne, ou bien il court sur le flanc pour voir si tout est en bon ordre. Mais i il revient aussitôt prendre sa place. À l’exercice de section ou d’escouade, il va d’une section ou d’une escouade à l’autre avec l’officier qu’il juge être au commandement. Quands’ il voit que tout va bien, il court joyeusement en secouant la queue. Quand au contraire il s’aperçoit que l’officier est de mauvaise humeur, il jappe, éternue, comme pour dire : « Tas de feignants, est-ce que vous ne pourriez pas mieux vous conduire ? » Dans les charges à la baïonnète, c’est lui qui court en tête, aboyant, hurlant, sautant le fils fil barbelé, les tranchées, et se retournant de temps à autre pour appeler les soldats. Il encourage les soldats qui tombent, attend qu’ils se relèvent puis repart en avant.

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Naturellement, tous les soldats le connaissent et l’aiment. Le Aux heures des repas, il va, comme Pierre, faire ses visites ; il arrive aux cuisines, au réfectoire. Comme Pierre, il est trop poli pour demander, mais, assis sur son petit derrière, il vous regarde par en-dessous, avec l’air de dire : « Moi, je mangerais bien de ces bonnes choses-la. » et on le