Page:Asselin - Pensée française, pages choisies, 1937.djvu/170

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EXPLICATIONS INSUFFISANTES




LES prix d’action intellectuelle ne manquent pas en France : prix de littérature, prix d’histoire, prix de sciences, il y en a de toute sorte et il s’en fonde de nouveaux tous les jours ; et c’est une des circonstances qui font dire à notre jeunesse que la production intellectuelle (dans leur esprit, prose et vers seulement) est beaucoup mieux récompensée là-bas que chez nous. Mais la France a quarante millions d’habitants et elle n’a pas, que nous sachions, un seul prix littéraire qui dépasse dix mille francs (moins de $400 au cours normal et guère plus de $600 au cours actuel), pendant que la plupart ne dépassent pas mille francs. Dans le Québec français, qui ne compte que deux millions et quart d’habitants, un jeune homme bien doué, certes, et laborieux, mais nullement supérieur à beaucoup de jeunes Français par ces qualités, vient de gagner avec une thèse de droit international $1 700, et deux de ses compatriotes ont reçu chacun $850 pour des ouvrages littéraires qui, malgré leur mérite, ne seraient probablement jamais primés en France. Et chaque année, grâce au gouvernement de la Province, nous assistons à un spectacle semblable.