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PENSÉE FRANÇAISE

— Le directeur de l’Ordre a acquis en ces matières quelque expérience. Il sait que, la plupart du temps, le journaliste évite les personnalités non par charité ou par bonne éducation mais par lâcheté. Devant certaines candidatures aux fonctions publiques, il n’hésitera pas à demander au candidat s’il a des moyens d’existence visibles et avouables. Il niera hardiment à des déclassés, incapables de gagner honnêtement par eux-mêmes $1000 par année, le droit de gérer au nom des contribuables un budget de 40 à 50 millions, par exemple. Que ses lecteurs aient assez de sens civique pour le seconder, et il prendra volontiers les initiatives nécessaires pour faire envoyer en prison quelques-uns des fripons auxquels le « noble et intelligent électeur » a jusqu’ici coupé le cou avec le bulletin de vote, quand il ne leur tressait pas des couronnes.

Réunira, sous la direction d’un journaliste d’expérience, un groupe d’hommes jeunes, enthousiastes, relativement instruits, indépendants des partis politiques, traditionalistes de tempérament et d’éducation, mais dégagés des influences de coterie qui menacent de stériliser et d’avilir la vie intellectuelle du Canada français tout en prétendant l’élever. — En notre pays, l’indépendance d’esprit n’est pas ordinairement le propre des hommes d’âge mûr. Ceux-ci sont pour la plupart d’une culture médiocre. Même indépendants et cultivés, ils sont en général, dans leurs écrits, mortellement ennuyeux. Le directeur de l’Ordre a choisi comme collaborateurs des jeunes gens plus vieux et plus instruits que leur âge, n’ayant jamais appartenu aux partis politiques, d’esprit foncièrement national, mais libérés des niaises admirations pour la routine, le conventionnel et le « gnan-gnan ».

Consacrera la moitié de son espace aux questions canadiennes ; le reste à la reproduction d’articles