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PENSÉE FRANÇAISE

et à la nature tout humaine de ses rédacteurs. Non qu’il veuille le faire à la vertu, mais parce que, du premier au dernier, ses rédacteurs voudraient pouvoir, dans l’éloge comme dans le blâme, parler librement. — L’espèce de cloison étanche qui règne aujourd’hui dans la plupart des journaux entre la Rédaction et l’Administration (mettons des majuscules, l’occasion en vaut la peine) n’existera pas à l’Ordre. La Direction accepte d’avance la responsabilité de tout ce qui paraîtra dans le journal et dont elle aura pu humainement prendre connaissance. Sans faire à la pruderie ou au scrupule des sacrifices qui ne seraient d’ailleurs pas dans ses goûts, nulle subvention, nulle faveur, ne lui fera publier ce qu’elle estimera contraire à la morale, au bon goût ou à la vérité. Dans le Canada français comme partout ailleurs, la critique littéraire, théâtrale, artistique, cinématographique, tend à devenir complaisante, parfois vénale. Le sport est plus que jamais un business méthodiquement organisé et truqué par des faiseurs. Dans tous ces domaines, l’Ordre ne saurait à lui seul faire régner, à défaut de probité, un certain sens de la mesure ; mais ne doutons pas qu’il réponde à un vœu conscient ou inconscient de notre peuple en plantant de temps à autre quelques banderilles au flanc de fortes brutes intéressées à l’exploitation pécuniaire de la crédulité populaire.

Publiera peu de réclame, et seulement pour des maisons ou des produits dignes de confiance. Tout en pratiquant à l’occasion, sans vaine parade, le nationalisme, voire le particularisme économique, ne permettra à personne d’exploiter le patriotisme, à plus forte raison l’antisémitisme, dans ses colonnes, pour vendre au public de la camelote, d’ailleurs fabriquée, la plupart du temps, par des Juifs. La réclame, disséminée à travers la rédaction sous forme de texte courant, sera, croyons-nous, de lecture agréable. En moyenne, elle n’occupera pas le