Page:Asselin - Pensée française, pages choisies, 1937.djvu/209

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mettre, à la seule province de Québec. Poser ce principe, ce ne serait pas nous inviter à formuler des revendications presque partout irréalisables dans la pratique, mais ce serait au moins ménager en nous ce qu’il y a de plus sensible chez l’homme de cœur : l’amour-propre.

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Surtout, comment ne pas ressentir comme une haineuse menace les manœuvres qui se précisent chaque jour davantage pour recommencer à notre détriment la criminelle folie de l’immigration ? Sauf peut-être M. Beatty qui est orfèvre, nul ne soutiendra la nécessité économique et politique. Nous pouvons assurer à notre pays un développement normal, conforme aux exigences d’une politique vraiment nationale, en utilisant le croît naturel de la population et en plaçant sur la terre les dizaines de milliers de chômeurs propres à l’agriculture : cela, tout homme de bonne foi le reconnaîtra. C’est à ce moment qu’on parle de rétablir en faveur de l’émigrant anglais le passage de $50 dont les sociétés privées, le gouvernement anglais et le gouvernement canadien paieraient chacun un tiers. Mise de l’avant par un certain Hornby que connaissent seuls les gallophobes canadiens, tous intéressés à son succès, cette proposition n’a-t-elle pas manifestement pour objet d’assurer à la majorité anglaise l’appoint dont on croit qu’elle a besoin pour se défaire de nous ? Comment, dans ces conditions, compter sur notre affection ? Nous ne demandons pas mieux que de rester fidèles à l’Angleterre. Mais si, tout en nous envoyant des émissaires aimables comme M. Fisher, elle est de connivence avec ceux qui veulent nous noyer comme une bête nuisible, qu’elle ne s’étonne pas que telle la femme qui s’ennuie nous cherchions inconsciemment, dans des fêtes de simple courtoisie interna-