Page:Asselin - Pensée française, pages choisies, 1937.djvu/47

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LES ÉTUDIANTS AU « NATIONALISTE »



LUNDI dernier, les étudiants en médecine de Laval, après une visite aux bureaux de la Presse et de la Patrie, sont venus saluer les rédacteurs du Nationaliste. C’est la première fois, croyons-nous, qu’ils font cet honneur à un journal hebdomadaire. En réponse aux bons souhaits de leur jeune et sympathique président M. Godin, notre directeur leur a dit, très mal, quelques paroles qui pouvaient signifier : Du haut des fenêtres de la rue Sainte-Thérèse, quarante têtes vous contemplent.

Au souvenir de toutes celles qui se sont penchées sur vous rue Saint-Jacques, vous vous demandez, sans doute, pourquoi le Nationaliste, journal si vivant, a élu domicile en un lieu si calme.

En nous fixant ici, nous pensions un peu à cacher un état de gêne dont nous n’avons certes pas à rougir, mais dont le monde aurait pu s’autoriser pour conclure à l’inviabilité de notre entreprise. Vous êtes jeunes, beaucoup d’entre vous êtes sortis du collège avec, pour toute richesse, un sourire aux lèvres, et vous avez fait le rêve de séduire la Fortune avec un air d’amour que vous joueriez sous sa fenêtre par un soir d’étoiles. Plus vous vieillirez, plus vous constaterez — quelquefois aux pleurs de vos yeux — combien l’apparence même du suc-